Aha ! Plein de nouvelles, hé hé hé ! D'abord...les études. Ça y est ! Si ! Fini ! Enfin ! On n'en parle plus ! Finito, exit, par ici la sortie !! 15 ans que ça dure, fallait quand même que ça s’arrête non ? Lydia a brillamment fini son...doctorat ! Madame se coltine maintenant le titre de Docteur, PhD ! Une très chouette et très longue cérémonie a l’Université en présence des sommités toutes vêtues de tenues bariolées autant que désuètes, trois heures de discours, des photos, le buffet, les toasts, bref, une sorte de 14 juillet des diplômes. C’était très chouette et la mère Lydia dont c’était la première fois qu'elle pouvait assister a la remise de son diplôme, etait tres émue et nous autres couillus, on etait vachement fiers (et affamés !).
Et comme une bonne nouvelle n'arrive pas seule, Lydia a aussi recu un mail de son metteur en scène qui lui a confirmé que le tournage de son film démarrera en février prochain (si si, fevrier 2013) et que ça se passera a Berlin (j'en connais que ca interessera !).
Enfin dernière bonne nouvelle, la troisième boite qui va produire le film est...Studio Babelsberg ! J'en vois qui froncent des sourcils. Babelsberg, c'est pas n'importe quel studio, c'est LE studio de films en Allemagne (ils ont produits ou co-produits Inglorious Basterds, Mission Impossible, Le Pianiste, The Reader etc.), bref, des poids lourds du cinéma.
Du coup on a eu droit a quatre pages d'interviews dans un magazine national avec des photos de toute la smala, belle-mère comprise. Bon c'est pas tout, j'ai de la vaisselle qui m'attend et Lydia doit donner ses cours de violon.
On vous tiendra au courant !
Achille
lundi 4 juin 2012
samedi 31 mars 2012
Ou en étais-je ?
Ça
fait un bail, j'm'en rends bien compte. La première chose qui me vient à
l'esprit c'est cette phrase de La Rochefoucauld: "Les amis font toujours
plaisir, si ce n'est lorsqu'ils viennent, c'est lorsqu'ils partent". Et
c'est dans une totale acception de cette maxime que nous avons accueilli ma
charmante belle-mère...et que nous l'avons reconduite à l'aéroport trois mois
plus tard. Qu'on se rassure, trois mois a vivre ensemble, même avec mon
meilleur pote, au bout de 6 semaines, ça nous aurait pesé sur les nerfs. Bref,
c'était bien, mais c'était long. Avis aux amateurs ! Alors, quelles sont les
nouvelles.
Vous
vous souvenez que Lydia avait pris un mi-temps au diocèse du coin ?
C’était pour se rendre compte qu’une créature administrative sur place exerçait
un terrorisme permanent sur l’ensemble du personnel, le genre a sortir ce type
de phrases en criant:
- - Maispuisquejen’arretepasdeteledireeeeuuuuhh !!! En réponse a une
question posée pour la première fois.
- - C’estecritlaetc’estpaspourlescochons ! En réponse a un visiteur
- - J’aibesoindelaphotocopieuseetpersonnen’aledroitd’ytoucheraujourd’hui !
à toute l’équipe
- - Cafaitcentfoisquejeluidismaisellesotteouquoi ?!! en parlant d’une collègue
- - Yavraimentquemoiquitravailleici ! en grommelant assez fort pour être
entendue de l’autre cote de la rue.
Une sorte de
crapaud de 90 kg pour 1m60, sanglée dans une tenue multicolore (jusqu’aux
cheveux) qui la fait ressembler à un salami arc-en-ciel qui se prend une douche
de parfum simili-patchouli trainant derrière elle des effluves à te flanquer
des migraines carabinées. Du coup, après avoir fait
le dos rond (bon sang mais ou que je les déniche ces expressions surannées ???)
et après avoir vu sa collègue (recrutée en même temps) se faire régulièrement
incendier pour des broutilles, la mère Lydia a pris les choses en main, somme
le ban et l’arrière-ban et est sur le point de mettre les points sur les z-i. Période
de stress donc, d’autant que ce job qui est un mi-temps sur le papier est un
temps plein en réalité et que depuis qu’elle a commencé, elle n’a pas pondu une
seule ligne, ni joué une seule mesure au violon. Bref, on va voir combien de
temps on va tenir à ce rythme.
En
attendant, on est en train de d’étudier la possibilité de louer deux chambres
vu qu’il nous faut encore tenir une année de vaches maigres et notamment d’envisager
la démission de Lydia qui ne pourra pas combiner autant d’heures supplémentaires
avec l’éducation des trois mousquetaires. Vous en saurez sans doute plus dans
la prochaine chronique !
A
part ça, du côté de mon groupe de rock, une très mauvaise nouvelle avec l’annonce
de notre excellent batteur magyar (hongrois qu’il est plus intéressé par l’argent
que par la musique) qui a décidé de nous plaquer pour se concentrer sur son
groupe de rock qui ne joue que des reprises (mais c’est carrément mieux payé).
Juste au moment où nous venions de recruter un bassiste italien ! Bref, on
reste le groupe de rock le plus international mais sans batteur. Du coup, ou se
fait des répèt’ acoustiques histoire de peaufiner notre son et notre harmonie
et c’est vachement chouette. Le but est d’être tellement bon qu’on pourra
enregistrer un vrai album à la fin de l’année (sans vendre la maison).
Voilà
un rapide récapitulatif de nos dernières péripéties, le mieux restant à venir…si,
si, je garde ça pour la prochaine chronique hé hé hé…
A la
prochaine,
Achille
samedi 10 mars 2012
Morceau choisis
C'est le début de la messe et j'entends la cloche sonner le rappel du ban et de l’arrière-ban des fidèles lorsqu'au bout d'un moment je dis a Lydia:
- Dis-donc, c'est la messe de neuf heures ou j'me trompe ?
- Ben non, tu vois bien l'heure quand même !
- Mais alors comment se fait-il qu'on en soit déjà au onzième son de cloche
- Ah ça c'est Cédric qui montre a Albert comment sonner la cloche...
- Dis-donc, c'est la messe de neuf heures ou j'me trompe ?
- Ben non, tu vois bien l'heure quand même !
- Mais alors comment se fait-il qu'on en soit déjà au onzième son de cloche
- Ah ça c'est Cédric qui montre a Albert comment sonner la cloche...
mardi 21 février 2012
Courte
Je vais vous la faire courte ce coup-ci et pas même m'emmerder avec les accents, y en a pas a Dundae, des accents. C'est comme le bon gout dans les tenues vestimentaires. Absent. Existe pas. Niente. RAS ! Et puis comment veux-tu avoir du bon gout quand une étude révèle qu'un tiers des habitants d'ici pèse 15 kilos de trop, un quart pèse 25 kilos de trop et un dixième a bouffe l’étude.
La mamma est encore la pour quatre semaines 5 jours, deux heures et 27 minutes. Non, je ne compte pas le temps. Elle est formidable et increvable ! Mais bon, trois mois hein. C'est trois mois. Je n'en dis pas plus.
Demain, rdv chez le physio qui va me dire s'il y a de l'espoir pour mes poignets. Saloperie de R.S.I. (cherchez répétitive stress injury sur l'internet). Comme j'ai traite ça a la légère pendant...un an...je sens que le diagnostic va pas être bon. Déjà, interdiction de jouer de la musique, de jardiner, de manier des casseroles trop lourdes, de rouler a vélo, en voiture, de porter quelque chose de plus lourd qu'une carte de visite de chômeur.
Ah ! Une bonne nouvelle ! Lydia a fini son doctorat ! Enfin ! La fin des études apres 15 ans, 10 déménagements, 3 enfants. Chapeau ! On célèbre ça (et encore, pas sur) en mai en grande pompe. Elle a aussi décroché un job improbable auprès...du diocèse local ! Inouï non ? Elle adore le contact avec les gens, les visites aux malades, mourants, solitaires, désespérés, suicidaires, agonisants, vieux, infirmes, jeunes etc. Bref, ça la sort de son isolement d'artiste. Son livre sort en France en février prochain. Son deuxième sera adapte au cinéma cette année, une co-production US et ici en attendant sans doute la confirmation d'un producteur européen venu se joindre au projet de Taika.
Les enfants. Ça roule. Moi, je bosse.
RAS je vous dis.
a+
Achille
La mamma est encore la pour quatre semaines 5 jours, deux heures et 27 minutes. Non, je ne compte pas le temps. Elle est formidable et increvable ! Mais bon, trois mois hein. C'est trois mois. Je n'en dis pas plus.
Demain, rdv chez le physio qui va me dire s'il y a de l'espoir pour mes poignets. Saloperie de R.S.I. (cherchez répétitive stress injury sur l'internet). Comme j'ai traite ça a la légère pendant...un an...je sens que le diagnostic va pas être bon. Déjà, interdiction de jouer de la musique, de jardiner, de manier des casseroles trop lourdes, de rouler a vélo, en voiture, de porter quelque chose de plus lourd qu'une carte de visite de chômeur.
Ah ! Une bonne nouvelle ! Lydia a fini son doctorat ! Enfin ! La fin des études apres 15 ans, 10 déménagements, 3 enfants. Chapeau ! On célèbre ça (et encore, pas sur) en mai en grande pompe. Elle a aussi décroché un job improbable auprès...du diocèse local ! Inouï non ? Elle adore le contact avec les gens, les visites aux malades, mourants, solitaires, désespérés, suicidaires, agonisants, vieux, infirmes, jeunes etc. Bref, ça la sort de son isolement d'artiste. Son livre sort en France en février prochain. Son deuxième sera adapte au cinéma cette année, une co-production US et ici en attendant sans doute la confirmation d'un producteur européen venu se joindre au projet de Taika.
Les enfants. Ça roule. Moi, je bosse.
RAS je vous dis.
a+
Achille
vendredi 10 février 2012
Dure d'oreille et dure a cuire !
Je ne sais pas
c’est parce qu’elle parle très fort ou si c’est parce que l’anglais est sa troisième
langue mais la conversation la plus simple n’est pas toujours aisée.
-(moi) : Je
faire des moules au whisky et a la bière pour le diner. (L’été est légèrement
frisquet cette année)
-(la
mamma) : Hein ?
-(moi) : Je
vais faire des moules au whisky et a la biere pour le diner !
-(la
mamma) : Des moules au whisky et a la bière? Mais comment veux-tu que je
fasse des moules au whisky et a la bière ? Je n’en n’ai aucune idée
moi !
-(moi) : Non
pas vous, moi !
-(la
mamma) : Toi ? Très bien alors. Mais il faut que tu me dises comment
on fait des moules au whisky et a chais-pu-quoi !
-(moi) : Mais
non, ce n’est pas vous qui allez les préparer, c’est moi ! C’est moi, MOI,
qui vais faire les moules au whisky et a la bière, vous comprenez ?
-(la
mamma) : Aaah je comprends, je comprends. Pas de problème, pas de problème,
tu fais ce que tu veux, c’est toi le chef ici.
-(moi) : Très
bien.
-(la
mamma) : Et qu’est-ce que tu vas préparer pour diner ?
-(moi) : …
A table aussi nos
conversations prennent un tour inattendu
-(moi a
Lydia) : cet après-midi, tu vas à la piscine avec les enfants ?
-(la mamma) :
Hein ? à la piscine ? Mais j’ai aucune envie d’aller a la piscine, il
fait un froid de canard@
-Mais non pas,
vous ! Je parle à Christine !
-Ah bon, je
croyais que tu me parlais a moi ! Parce que moi il est hors de question
que j’aille à la piscine
-Oui, oui.
Voilà, vous
multipliez ca par 10 et ça vous donne une petite idée de nos conversations les
plus simples (en fait je retire ce que j’ai dit précédemment, elle est franchement
un peu dure d’oreille). Mais a part ça, elle est épatante, elle fait absolument
tout avec une énergie qu’on ne soupçonnerai pas a 75 ans ! Du coup Lydia
et moi, nous sommes un peu en semi-vacances ! L’autre week-end, on s’était
perdu dans un magnifique parc tout en hautes collines et broussailles, genre
foret primitive, magnifique et avec des arbres gigantesques et des fougères
plein partout jusqu’à 5 mètres de haut. Ben la Mamma, elle te nous a fait trois
heures et demie de randonnée sans faire rire le coup et après une heure de
cueillette de myrtille ! On était tous épuisés mais elle était encore la
plus fraiche ! Bon, eh bien moi aussi je suis épuisé d’écrire. Mais
attention, restez accrochés au blogue car le prochain est plein de surprises !!
A plus tard,
Achille
lundi 9 janvier 2012
Fettucine et jardinage
La rue
bourdonnait doucement de ces activités estivales qui conviennent lorsqu’il ne
fait pas assez chaud pour se languir a la plage et pas assez mauvais pour
glander à la maison. En clair, je n’étais pas le seul a tondre la pelouse qui
borde notre clôture (face sud-ouest, celle qui est vert Renaissance) lorsqu’un
cri terrifiant est venu tailler dans le doux ronronnement des tondeuses et
autres activités de jardinage :
-
(la
Mamma) : ACHIIIIIIIIIIIIILLLLLLLE !!!!
-
(moi,
en aparté) : mince, quelqu’un est mort, un enfant blessé, du coulis de
fruits rouges sur ma toute nouvelle chemise, palsembleu, mais que se
passe-t-il ?
-
(la
Mamma) : ACHIIIIIIIIILLLLLLE !!!!!!!!!!!!!
-
(moi,
réalisant que toutes les tondeuses et activités du voisinage sont soudainement
comme en suspens devant l’imprévisibilité et le tragique de
l’interruption): Oui ? Qu’y-a-t ’il ?
Et c’est là que passant le portail en planches forgées de notre propriété
du XXe, déboule la Mamma avec au bout de la main une fourchette, et au bout de
la fourchette une nouille genre Fettucine, qui pendouille façon bistouquette
d’Eddie Barclay un jour sans viagra.
-
(la
Mamma) : LYDIA DIT QUE TU ES LE SPECIALISTE DES PATES ET QUE TOI SEUL PEUT
DIRE SI ELLES SONT CUITES JUSTE COMME IL FAUT !!
-
(le
voisin du bout de la rue a 35 mètres) : Vu d’ici elle m’a l’air a
point !!
-
(la
Mamma) : C’EST MON GENDRE QUI DECIDE !!!!
-
(moi) :
Euh oui bon, ben, c’est m’a l’air très bien comme ça, si maintenant les voisins
et moi on peut retourner à nos travaux ce serait très bien.
A part ce léger différentiel audio, elle carbure dur la belle-doche !
A la cuisine, avec les enfants, le linge, dans le jardin, elle nettoie,
administre, range, poli, mijote, plie, brique à peu près tout dans la maison et
l’immédiat voisinage. Du coup, Lydia et moi avons en quelques sortes des
vacances, les travaux domestiques pesant moins lourdement sur nous ! Et
avec moi, c’est carrément la touche totale, je suis ZE son-in-law par
excellence. Faut dire que mes talents de cuisiniers+père fouettard+ employé de municipalité
conscient de ses responsabilités la rassurent (certes, je m’auto complimente,
mais honnêtement, je ne vous empêche pas de sauter cette phrase si vous désapprouvez).
Bon en attendant, on vit au rythme d’une météo qui change toutes les heures que
c’en est difficile de prévoir quoi que ce soit. D’ailleurs là, il fait beau. J’vais
peut-être aller faire un petit tour dans le jardin.
Tchao,
Achille
dimanche 1 janvier 2012
Les cadeaux, les gateaux, les photos et quoi encore… Ah ! Le petit Jésus !
Noël,
c’est Noël ! S’il n’y avait pas les enfants pour commencer à compter les
jours à partir du premier mois de l’année qui se termine en « -bre »,
honnêtement, Noël, je m’en souviendrai le 24 décembre au matin. Alors d’un
cote, je maudis la frénésie mouton-de-panurgesque qui gagne mes contemporains a
se précipiter dans les échoppes, les grandes surfaces, à fondre sur les promos défiant
toute concurrence, a s’arracher les affaires en or, les packs 12-en-1 et autres
promos à faire tourner la tete et vider les cartes mais d’un autre cote j’y
vois deux signes réconfortants. Le premier me rappelle qu’on se rapproche de Noël.
Forcément, ça aide. D’autant que je n’ai jamais assiste a une telle ruée sur le
discount pour un départ en vacances, mon anniversaire ou la commémoration de la
mort du général de Gaulle. C’est donc un signe annonciateur important, que
dis-je, essentiel ! Frénésie d’achats = célébration de la naissance du
petit Jésus. Bien, me voilà rassuré. Deuxio, c’est aussi le signe que nos
civilisations soi-disant assommées de television et de connections virtuelles, superficielles
et super abruties, bariolées à coups d’Estée Lauder et autres peintures, botoxées
et liposucées, farcies de fastfood, bouffies à faire passer le bonhomme
Michelin pour un déporté sur le retour, sont encore capables d’un grand
engouement collectif, d’une sorte de lame de fond partagée et exaltée pour un écran
plat à prix discount chez Carrefour. Et ça, ça rassure.
Du coup, Lydia et
moi on s’est mis en tête d’emmener les enfants à la messe et de faire les
choses a notre sauce avec tout un tas de trucs qui figurent dans aucune pub,
aucun super deal, bref, le truc chiant qui vous ennuiera au possible. Donc ce
sera tout pour aujourd’hui. M’en voudrai de distraire votre attention de la
promo du rayon « électronique »…j’ai la conscience sociale moi !
Sur ce, joyeux Noël,
Achille
jeudi 29 décembre 2011
Le général est arrivé !
C’est pas qu’on était
la a ne rien faire, peinards, poils dans la main, au bord de la piscine pendant
que Firmin servait une orangeade à nos chérubins, non, on ne peut pas dire que
notre rythme de vie ressemblait ne serait que vaguement à celui-là. Mais l’arrivée
de ma belle-mère nous a donné, a tous d’ailleurs, le sentiment que nous étions
un peu comme l’armée d’Italie avant l’arrivée de Bonaparte. Lydia, à qui je recommandais
de maintenir éveillée sa mère le plus longtemps possible après sa descente de
l’avion pour lui permettre de se remettre rapidement du décalage horaire
m’avait même sévèrement rabroué : « comment ? Mais t’es
fou ? La pauvre a 75 ans se faire 20 000km d’avion, tu penses bien que je
vais lui proposer un bain puis une sieste, tu vas nous la tuer ! ».
Bon ben pour ce que j’en dis, c’est ta mère après tout. Bref, lorsque
finalement débarqué La Mamma de l’avion après 4 aéroports, je ne sais combien
d’heures d’attente, c’est une Mamma toute hilare et heureuse qui pete de sante
qui nous étreint. Lydia, très aux petits soins pour la Mamma qu’elle n’avait
pas vue depuis 6 ans lui dévoile le programme de la journée :
- Je t’ai préparé
ta chambre, un bon bain et ensuite tu vas pouvoir faire une bonne sieste.
Evidemment, si tu as faim, j’ai aussi quelques choses que j’ai mis de cote pour
toi.
- (La Mamma) : Mais ça va pas
non ? Parce que tu crois que j’ai fait tout ce voyage pour atterrir dans
un lit ?? Non, non, non et non, tu vas me montrer la maison, les environs,
la ville puis nous allons faire les courses, j’ai besoin de quelques produits diététiques
(j’ai la liste avec moi) et puis ensuite je veux profiter de vous tous et puis
il faudra faire la cuisine et aussi….
Bref, le soir même,
lorsque tout le monde, finalement, a été couché, la Mamma compris, Lydia arrive
dans ma chambre, me regarde d’un air hébété et me dis ”elle m’a tué” ! Ce
n’était rien à côté des jours qui allait suivre, d’autant qu’étant une grande
fanatique des comparaisons, la Mamma ne recule pas devant la perspective de se
faire trois grandes surfaces histoires de sonder les meilleurs prix pour le
paquet de riz. Si en vous ajouter la présence de Cédric, d’Albert et de Sosthène,
que ce genre de promenade ennuie au possible et que vous étendez l’expérience
sur trois heures, vous avez une petite idée de la forme dans laquelle Lydia
termine sa journée. Heureusement, c’est aussi la semaine de Noel, ce qui
explique le nombre de courses.
Très vite, la
Mamma a su trouver ses marques et nous nous en sommes très bien accommodés.
Surtout moi car comme elle plutôt du genre sergent-instructeur, je n’avais plus
beaucoup d’occasions à reprendre les enfants, vu qu’elle le fait très bien.
L’autre jour, on finissait de ranger la table du petit déjeuner lorsque la
Mamma apostrophe nos trois mousquetaires qui étaient sur le point de se faire
la malle (déjà qu’ils n’avaient rien foutu pour aider dans la cuisine, j’te
jure !).
-(La
Mamma) : Albert !!! (Elle parle fort, un peu comme les sourds, ce qu’elle
n’est pas), ton lit n’est pas fait, va dans ta chambre et fais ton lit.
Cédric !!! Il parait que tu ne lis pas assez, monte dans ta chambre et
fini le livre qu’on est allé te chercher à la bibliothèque municipale.
Sosthène !!! Ta chambre est une porcherie, va ranger ta chambre.
Et hop, nos trois
fiers-à-bras repartent penauds vers leur destination muni d’instructions qui
n’ont rien à voir avec des vacances de Noel. Puis, la Mamma repart dans la
cuisine préparer le déjeuner, le diner, les autres déjeuners, les autres diners
et réorganiser la cuisine de telle sorte qu’elle s’y retrouve au risque de nous
y perdre. Tout d’un coup, Sosthène glisse une timide frimousse dans le bureau
de Lydia et, prenant son air misérable de la grande scène de l’acte III, dis à
sa mère :
-(Sosthène) :
Mamaaan…c’est trop dur…je n’arrive pas à ranger la chambre…
-(Lydia) :
Pauvre chéri, comme je te comprends. Il n’y a pas de problème voyons. Il te
suffit juste de le dire à la Mamma.
La, à ce moment-là,
il y a eu comme 10 secondes de flottement ou tu pouvais sentir le combat
tellurique de deux forces s’opposant violemment (Dionysos défendant son cellier
et Chronos dévorant ses enfants parce qu’ils ne voulaient pas ranger leur
chambre).
-(Sosthène) :
Bon ben, je vais aller ranger ma chambre…
Et hop, emballez
c’est pesé !
Même chose à
table, t’as pas intérêt à éviter la salade, surtout celle faite par la Mamma.
Cédric qui se la joue de plus en plus ado cool (a 10 ans, ça laisse augurer
d’une sacré puberté) toujours à discutailler, à contredire, à te sortir des oui
mais que tu les convertirais en énergie ça te propulserai l’obélisque de la
Concorde sur la lune, s’est faire reprendre deux fois par la Mamma (volume 10 +
la tirade du nez appliquée a la salade et la santé) que crois-moi, il les avale
maintenant ses feuilles vertes.
L’autre jour, la
Mamma s’était crue perdue dans le supermarché. En fait, elle n’avait pas prêté
attention à l’heure de rendez-vous avec Lydia et se croyait en retard alors
qu’elle était en avance. Bref, elle demande au manager d’appeler Lydia au
micro.
-(manager) :
Lydia ? On demande Lydia à l’accueil ! Lydia, votre maman vous attend
à l’accueil.
Lydia qui
entretemps était arrivée a l’autre bout du supermarché, soudainement
entend :
-(La
Mamma) :LYDIAAAAA !!!! OU ES-TU, LYDIAAAAAA ???? C’EST TA
MAMAN !!!!!
La Mamma, sans
doute peu impressionnée par le zèle du manager s’était empare de son micro et
inondait de son timbre strident tout le supermarché de ses appels. Inutile de
vous livrer un décompte des sourires amusés des clients lorsque Lydia a récupéré
la Mamma. Des sourires qui l’ont accompagnée jusqu’à la voiture sur le parking.
Il y a maintenant
trois catégories de personnes à Dundae :
1) Celles qui ne
connaissent pas Lydia
2) Celles qui
connaissent Lydia par son métier d’écrivain
3) Celles qui
connaissent Lydia pour avoir été dans a un moment ou un autre dans un magasin
ou se trouvait Lydia et la Mamma.
Bon Noel et à bientôt
pour de nouvelles aventures !
Achille
lundi 28 novembre 2011
Les courses au supermarche
253 dollars !!!!
Putain mais je rêve !! Diantre de diantre de sacré nom d’une pipe de bordel de
merde !!! Mais qu’est-ce que j’ai dans le caddie les enfants ? Du
caviar ? Du turbot ? Du caviar ET du turbot ? Un sandwich au
filet de Saint Pierre ? Des conserves de chez Fauchon ? Le spécial discount
de chez Hédiard ? Aaaaahh Je rêve !!! Mais comment font-ils les gens
pour survivre, hein ? Nourrir leurs enfants, mmmh ? Quand je pense
que je fais mes courses dans le supermarché le moins cher du pays et que
j’arrive a exploser le budget ? Bon sang mais y aurait une crise dans la récession
que ça ne m’étonnerait pas. Le pompon, c’est de faire les courses avec les
enfants :
- (Cédric) Ouaaah Papaaaa !!! Je peux avoir les
céréales au chocolat ?
- (moi) Non, ce n’est pas bon pour la santé, il y a plein de colorant
dedans !
- (Cédric) Papa, Papaaaa !!!
- (moi) Quoi encore ?
- (Cédric) C’est un super pistolet à eau et il ne coute que
5 dollars !!!
- (moi) T’en as déjà un et en plus c’est pas sur la liste que Maman m’a donnée
- (Cédric) Il nous faut du chocolat !
- (moi) Il y en a déjà à la maison…
- (Cédric) Mais c’est pour faire du gâteau au
chocolat !
- (moi) A parce que tu n’aimes pas le gâteau au chocolat maintenant ?
- (Cédric) Si mais…
- (moi) Très bien, affaire réglée. Allez, voyons voir, des oranges…
- (Cédric) C’est toujours la même chose ! Mes copains
ils ont le droit a un tas de choses et nous on a toujours la même chose !
- (moi) D’abord la plupart de gens d’ici sont gros, voire énormes, ensuite ils
mangent n’importe quoi ce qui fait qu’ils sont encore plus gros, gras, adipeux
et laids et toi, tu ne voudrais pas être comme eux dis-moi ?
- (Cédric) C’est quoi « dipeux »
- (moi) C’est comme Shrek mais trois fois plus gros avec un nombril dans lequel tu
peux cacher deux Big Macs. Voilà. Et est-ce qu’ils ont des gâteaux comme ceux que
je vous fais ?
- (Cédric) ben non…
- (moi) Et de la mayonnaise maison ? Et de la crème chantilly à la française
(je rajoute a la française pour titiller la fibre nationale, mais en dehors de ça,
c’est de la chantilly tout a fait normale), et du hachis Parmentier a la
normande (même stratagème que pour la chantilly), et des bolognaises a la
parisienne, hein ? y z’ont tout ça tes copains ?
- (Cédric, l’air renfrogné mais obligé de
condescendre)…non…
- (moi) Bon alors ! Va me chercher du chou-fleur, je vais vous faire un délicieux
potage a la Saint François (on était à trois jours du 7 novembre, un coup de
pot ! Ouais bon, le 7 c’est Saint Florent, mais on va pas chipoter pour si
peu).
- (Albert, Sosthène en chœur) c’est quoi un potage a la Saint François ?
- (moi, avec un air inspiré et gourmand)…mmmmhh..c’est du chou-fleur avec de la crème
avec de la noix de muscade et…
- (Albert, Sosthène et Cédric) j’peux avoir des nouilles plutôt ?
Vu que mes trois
mousquetaires passent leur temps a se chamailler, j’ai reparti les rôles très précisément :
Cédric pousse le caddie, Sosthène est assis dedans, son rôle est de disposer
les articles de façon intelligente (genre « tetris » pour de vrai, tu
vois mon grand ?) et Albert prends les articles que je lui désigne. Ça
permet d’éviter les « c’est moi qui l’ai vu en premier » et les
«c’est à moi que Papa a dit de prendre les nouilles » et autres
bousculades et jurons. Mais bon, ça ne
marche pas tout le temps, parfois ça se termine en :
- (Albert en pleurs) : Cédric m’a poussé le caddie dans les
jambes
- (Cédric véhément) : c’est la faute de Sosthène parce qu’il me
bloque la vue !!!
- (Sosthène indigné et au bord des larmes) : Naaaaan c’est pas vrai, c’est
Cédric qui essaie de me faire tomber en poussant vite !!
Bref, à chaque
fois que je fais les courses, c’est le même cinéma ! T’essaie d’être
inventif, tu vois, genre repas équilibré, des vedjetaibeulles, de la viande,
des féculents (chez les Grecs !) des fruits et tous les toutim, tu te fous
en 12 pour essayer de leur apprendre à s’épanouir dans le credo des
nutritionnistes et non seulement c’est pas facile mais en plus tu rames contre
le courant !! Et en plus, ça te coute les yeux de la tête !! Bon
sang, mais comment y font les autres ?? Enfin bon, on finit tout de même
par arriver à la caisse et là c’est le seul moment où tous les trois bossent de
concert à disposer tous les articles sur le tapis. On termine par un jeu
pendant que la caissière remplit son office, qui consiste à deviner la somme
totale :
- (Cédric) : mmmh…130 dollars (alors là tu rêves fiston)
- (Albert) je dis 164 dollars (pas mal Bébert)
- (Sosthène)…euuuuh…2 !
- (moi) 200 dollars ?
- Mais
nooooon ! 2 dollars !!! (bon
ben toi t’es déjà éliminé !)
Finalement, on
s’extraie du supermarché avec leur caddie géant (deux fois la taille d’un de
chez Carrefour) et on transborde le contenu dans le coffre. J’ai ma mine
renfrogné du cadre moyen de la classe moyenne qui vient de voir ses maigres éconocroques
péniblement mises de côté pour un resto avec sa belle finir dans du produit
vaisselle, 12 rouleaux de PQ et une douzaine de blancs de poulet à prix réduit.
Je monte dans la voiture en maudissant Lehman Brothers, le FMI et le PSG, met
le contact et c’est là que Cédric assène le coup de grâce :
- Papa,
papa !! Le voyant est rouge, il faut mettre de l’essence !!
A la prochaine,
Achille
mardi 8 novembre 2011
Le vengeur de Trafalgar
L’autre jour, j’ai
annoncé avec grande joie l’arrivée (pour la deuxième fois en 5 ans, c’est dire
si on est populaires) d’un mien cousin, marin de la marine française s’il vous
plait-je-ne-vous-dis-que-ca pour le week-end.
-
(Cédric) Oaaaah !!!! Il commande un bateau oncle
Aldo ?
-
(Albert) Il est grand le bateau de l’oncle Aldo ?
-
(Sosthène) Ou va-t-il garer son bateau, il n’y a pas
beaucoup d’eau dans le jardin (c’était exagéré, il avait plu toute la semaine)
-
(Albert) il a quel rank oncle Aldo ?
-
(Cédric) Il a tué des anglais ?
-
(Sosthène) Est-ce qu’il a des gros canons son bateau ?
Je suis sûr qu’il va tuer tous les anglais (on était en pleine coupe du monde
de rugby, les antagonismes séculaires rejaillissaient avec une vigueur renouvelée
que j’essayais d’étouffer, sauf en ce qui concerne ces salauds de rosbifs)
-
(Cédric) il a une épée ?
-
(Albert) il attaque la Nouvelle-Zélande ?
Bref, l’annonce
avait fait son petit bonhomme d’effet et le samedi matin, nos trois
mousquetaires n’étaient pas à trainasser au lit tant ils avaient de voir la tête
qu’avait le fier descendant de Duguay-Trouin et Tabarly confondus. Rapidement
conscient du prestige de sa position, le cousin Aldo en rajoutait une couche et
on virait très largement a la vengeance de Trafalgar.
Apres le petit-déjeuner,
Lydia a emmené tout son petit monde au skating vu qu’il faisait un temps pourri
et nous nous sommes retrouves à chausser des patins à roulettes ce qui ne
m’était pas arrivé depuis 60 ans (au moins). Et dans ma mémoire, je me pensais
encore agile et rapide. En réalité, j’avais l’impression d’être en train de
porter une casserole d’eau bouillante debout dans un hamac. Aldo que le roulis
de la mer du Nord habitue au tangage le plus vigoureux a fait montre d’une
aisance tout à fait exemplaire que les trois mousquetaires n’ont pas hésité à
mettre sur le compte des nombreuses qualités que tout vrai français (dont je ne
suis pas manifestement) possède. Nous avons eu droit à une resucée de
patriotisme aigu pendant le déjeuner et l’après-midi. Heureusement, le soir les
enfants dorment et Aldo et moi en avons profité pour aller voir le match de
rugby à la bibliothèque municipale ou il était diffusé sur grand écran.
Je ne sais pas
trop pour vous mais moi je suis un fan de rugby extrêmement modéré. J’ai longtemps
cru que la différence de points obtenus (2 ou 3) lorsqu’on shoote le ballon
entre les deux poteaux était fonction du cote a partir duquel on shootait. Par
exemple, si tu shootes a partir de la gauche du terrain avec le pied gauche,
c’est plus dur mais t’as droit à 3 points si tu le marques. Alors que pas du
tout. Mais je ne me souviens plus de la vrai règle. Bref, on s’en fout. On a regardé
France-Pays de Galles et heureusement que je nous étions entre gens civilisés
et courtois parce qu’on a-gagné-alors-que-c’est-les-gallois-qui-aurait-du-gagner
et qu’au bureau, le surlendemain, j’en ai vu des gallois qui me regardais d’un
drole d’air. Enfin tout ça pour vous dire qu’on a passé une excellente soirée a
fêter les bleus et que de raconter leur victoire eux enfants au petit déjeuner
le lendemain a encore accru le prestige de leur oncle. Qui du coup s’est fendu
d’une virée sur son blog histoire d’ajouter quelques images bien guerrières au récit
qu’il leur avait fourni au début de son séjour chez nous.
-
(Aldo) alors là c’est moi en grand uniforme avec le
sabre
-
(les pieds nickelés) Oooooooohhh !
-
(Aldo) et là j’accueille le ministre
-
(les pieds nickelés) Aaaaaaahhh ! C’est quoi un
ministre ?
-
(Aldo) c’est comme un président de la République mais
c’est moins important (mais c’est aussi plus grand)
-
(les pieds nickelés) Eeeeeeehhh !!
-
(Aldo) et là c’est mon bateau qui se pose sur la plage
-
(les pieds nickelés) Fouuuuuuh !
-
(Aldo) et là je recois un collier de fleurs et on me
montre des cochons pour le déjeuner
-
(les pieds nickelés) …oui mais…
-
(Aldo) et là je déjeune avec des tas de gens importants…
-
(les pieds nickelés) …oui mais oncle Aldo…
-
(Aldo) …et là je discute avec des tas de gens importants…
-
(les pieds nickelés) …oui mais…oncle Aldo…
-
(Aldo)… et là je bois un verre avec les chefs du village…
-
(les pieds nickelés) …oui mais oncle Aldo, les Anglais…
-
(Aldo) quoi les Anglais ?
-
(les pieds nickelés) vous les tuez quand ?
A la prochaine !
Achille
lundi 24 octobre 2011
Backing Black !
Eh oui, vous l'aurez deviné, ce coup-ci je ne vais pas pouvoir esquiver la chronique sur le rugby. D'abord parce que sur 4,2 millions d'habitants que compte ce pays, seuls 2 (non, pas deux millions, deux comme dans après un et avant trois), n'ont pas vu le match. En effet, IMPOSSIBLE de ne pas regarder. Même si comme moi, vous etes imprégnés de culture classique, avides d'art contemporain (et Danube), férus de littérature russe, pétris d’éducation aristocratique et que vous excellez dans l’humilité biblique, vous ne pouviez pas ne pas regarder cette extraordinaire finale du rugby. Il y avait quelque chose de gargantuesque (si), de titanesque (mais si !), de sismique (on est pas loin de Christchurch dois-je vous le rappeler ?) dans cette rencontre entre les All Blacks (qu'on attendait tant ils étaient bons) et le XV de France (tiens ? Qu'est-ce que vous foutez-la ?) qu'on attendait...euh...moins. Bref, même Lidia pourtant elle, sincèrement fana des choses de l'esprit, s'est preparee sa petite soiree rugby. Toute la ville etait silencieuse pendant toute la duree du match, apres, on a eu droit aux habituelles celebrations et joyeusetes (y compris feux de mobilier au milieu de la rue) mais tout ca dans une ambiance de tres franche camaraderie un poil arrosee de biere que meme-si-tu-me-files-100-balles-j'en-boirai pas. Le rugby ici, c'est pas loin d'etre une religion et depuis quelques semaines on vit une sorte de ramadam ou tout le monde se met au noir histoire d'afficher un soutien indéfectible a l’équipe nationale. Heureusement, les All Blacks ont gagne, sinon la semaine, voire les semaines au boulot auraient été délicates, d'autant que les Bleus ayant très moyennement joués tout au long de la coupe (et avant aussi parait-il), la pilule auraient été dure a avaler. Bref, le scénario ideal c’était que les Tousnoirs gagnent, mais a l'arraché histoire primo de mériter leur coupe, deuxio, histoire de montrer a tout le monde que les coqs français peuvent surprendre positivement. Et la on ete servis. Cédric, Albert et Sosthene vont pouvoir regagner les bancs de l’école la tête haute et tous fiers de la prestation de leurs aînés de la métropole. Et moi, je vais pouvoir enfin passer a autre chose et reprendre le fil de nos dernières pérégrinations !
jeudi 20 octobre 2011
Un grand bond en avant !
Enfin, j’ai mis
la dernière vieille chronique en ligne ! M’a fallu changer tout un tas de noms
histoire d’adapter le récit a une diffusion intergalactique (et encore, j’me
suis retenu) et protéger les ceuss qui sont cites des attaques perfides et
insidieuses de tout un tas de gugusses qui penseraient a mal. Cela majeur (on
est musicien ou on ne l’est pas) étant dit, il faut tout de même que je joigne façon
saut dans le temps et l’espace la dernière chronique et celle-ci autrement vous
aller solliciter les moteurs de recherche pour essayer de dénicher une hypothétique
chronique que vous auriez loupe. Donc voilà, en quelques mots :
Nous avons déménagé
il y a deux ans et sommes passés du statut de locataire saigne à blanc par son
proprio a celui de proprio saigne a blanc par son banquier. Un emprunt sur deux
siècles a peine perceptible depuis qu’on s’est mis au riz, a la boite de thon
et aux fruits du vergers (que nous sommes en train de créer) a raison de tous
les jours, tous les repas. Nous avons trouvé une occasion en or si on fait
abstraction de voisins un peu turbulents, voire facétieux et leur manie de célébrer
différentes événements à grands coups de bouteilles de bière fracassées sur le
trottoir et de feux de joie dans lesquels on retrouve le mobilier de la
location dans laquelle ces jeunes drôles vivent. Mais A PART CA, c’est que du
bonheur. A 5 minutes du centre ville sans s’en rendre compte, une grande maison
type colonial, tout en bois et qui fêtera ses 100 ans l’année prochaine, c’est
dire si on est a deux doigts de l’inscrire aux monuments historiques. Chacun y
a sa chambre ou son bureau, sauf en hiver ou, pour économiser les frais de
chauffage, les Ladigue se plient au rituel de la transhumance et on va groupir
(de l’allemand : ich groupir, du groupirst, er groupirt etc…) dans deux
chambres. Au moment de l’achat, le jardin, qui était tenu par une petite
vieille proprette et méticuleuse avait des airs de Versailles, la, depuis qu’on
s’en est occupé, il ressemble plutôt a une jungle. Voilà pour la maison.
Les enfants ?
Eh bien, Cédric, Albert et Sosthène vont bien, ils vous remercient et commencent
par être de plus en plus auto-suffisants. Par exemple, ils savent se chercher
tous seuls quelque chose à manger dans le frigo, y a pas besoin de le leur préparer,
sauf peut-être pour Sosthène comme il est de mèche avec ses deux frangins, il y
en trouve toujours un pour l’aider à chiper quelque chose à grignoter. Ils
savent aussi accéder tous seuls a mes instruments de musique et mes bandes dessinées
sans que j’aie besoin de les leur donner. Enfin, c’est aussi tous seuls qu’ils
parviennent à prendre les lunettes de Lidia pour les reposer a un endroit dont
ils ne se souviennent plus, ou qu’ils réussissent à déraciner l’arbre qui
ressemblaient à une mauvaise herbe et que je venais de planter (« on se
disait aussi que c’était facile de l’enlever ! »). Bref, nous entrons
dans une nouvelle dimension celle de l’indépendance chaotique. En revanche, une
heureuse continuité dans les disputes témoigne de l’attrait jamais démenti qu’ils
prennent a se flanquer qui un poing dans le dos, qui une claque sur les cuisses
etc. A l’école, ils sont parmi les meilleurs, mais bon, avec Lidia comme maman,
qui en aurait douté. Il y a tout de même des différences, Cédric, si Lidia n’est
pas derrière à le pousser, il n’en secouerait pas une. Albert, si tu ne l’arrêtes
pas de lire, il oublie tout, même de respirer, Sosthène, pour l’instant, il n’a
pas trop de devoirs, mais bon, il oscille un peu entre ses deux frères.
Voilaaaaa pour les enfants.
Lidia maintenant.
Il y a eu du changement. Elle n’est plus à l’université locale, elle a changé
pour celle de la capitale a deux heures de route d’ici. Celle-là mineur
(laisse, j’me marre) est beaucoup plus adaptée à ses études et l’environnement
y est sensiblement plus professionnel et affectionné. Bref, depuis qu’elle a changé
de fac, elle se sent comme un poisson dans l’eau. Comme c’est pour son
doctorat, elle n’a pas besoin de s’y rendre tous les jours, une fois toutes les
6 semaines, elle prend le train de 6 heures du matin et revient le soir vers 22
heures. Qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il gèle, qu’elle soit malade ou bien épuisée,
je ne l’ai jamais vu manquer un seul rendez-vous sauf lorsqu’un des enfants est
malade. Une force de la nature vous dis-je. Il y a un mois, elle a défendu sa thèse
avec succès et obtenu son doctorat. Il y a cependant quelques (saloperies de
merde de sacre nom de maudites) peccadilles ça et là qu’il faut corriger pour
que la thèse soit entièrement validée. Et comme ces peccadilles portent sur son
manuscrit, elle tient vachement a y consacrer le temps nécessaire pour que ça
au poil. Du coup son éditeur a mis le manuscrit au frais mais lui a donné un délai
pour rendre sa copie. Ce qui fait qu’elle tourne depuis 6 semaines au rythme de
12 heures de travail par jour, plus le linge, les devoirs des enfants et leur
cours de musique. Heureusement, je ne sais pas si je vous avais dit ça, mais l’étoile
montante du cinéma local à décide d’acheter les droits de son deuxième roman
pour en faire un film. C’était l’année dernière, et cette année, il a renouvelé
le contrat et annonce qu’il avait pratiquement fini le scenario. On est donc
vachement impatient d’en savoir plus.
Enfin moi, après
4 ans à m’occuper de trouver du travail pour les immigres, me voici attache
culturel de la ville, une sorte de retour aux sources. Pas grand ’chose à dire
si ce n’est que c’est un job formidable et que je m’y plais beaucoup. Sinon, le
groupe de rock après une année de passage à vide en 2010 a retrouvé des
couleurs cette année avec plusieurs concerts à Wellington et quelques nouvelles
chansons (que si ça vous intéresse, je peux vous donner le lien, mais faut me
le demander gentiment). A part ca, plein, plein d’anecdotes, sans parler de la
coupe du monde de rugby et de l’improbable performance des bleus qui se
retrouvent en finale. Mais, ca, je vous en parlerai après la finale !
Tchao,
Achille
lundi 3 octobre 2011
Fin et debut de Zorn et premier haka !
Quelque chose me
dit que j’ai eu raison de ne pas trop tarder à vous informer de la naissance du
célèbre groupe de rock Zorn. Le week-end d’après la semaine d’enregistrements,
le batteur me quittait et le guitariste aussi. Je viens de prendre une bière
avec le bassiste et, heureusement, il reste dans le coup…pour les seances
d'enregistrement (c'est dommage car je venais de decrocher un gros contrat pour
égayer les stations BP de la région avec ma musique…). Le batteur, je m’y
attendais un peu vu que ca faisait partie de l’accord de départ, il m’aidé à
enregistrer un album et a joué a mon premier concert, maintenant il plie ses
baguettes et s’instaure batteur de studio, ce qui le rend toujours
accessible…mais pas gratuitement et vu le niveau du bonhomme (phénoménal), va
falloir mettre les Ladigue à la diète pendant une semaine pour pouvoir se le
payer une heure. Donc exit le batteur. Le guitariste, Craig, c’était une
surprise, d’autant plus que je suis le bassiste dans son groupe. Il m’a
expliqué qu’il jouait déjà dans trois autres groupes, qu’ajouter un groupe qui
joue des compos originales par opposition aux groupes qui jouent des morceaux
connus, lui prend beaucoup plus de temps qu’il ne le pensait et que ce temps il
le prend sur ses propres compos etc, etc. Bref, on s’est quittés dans une atmosphère
de franche camaraderie, et ce n’est pas parce que c’est un enfoiré de première que
je vais lui en vouloir plus de 10 ans, hein, j’suis pas rancunier quand même
(sale type, j'aurais ta peau !).
Ah ! Il faut
aussi que je vous raconte la première de Zorn, épique ! Le 1er
mars, vous vous en souvenez (v’s’avez intérêt) je jouais la première de Zorn au
Petawchnock Music Festival (of the World). Bref, j’avais rameuté le ban et l’arrière-ban,
lancé une grande campagne de promo, tout au long des deux semaines ensoleillées
qui précédaient le grand rendez-vous de ce qui allait devenir, dans mon esprit
enthousiaste et fertile, mon concert fondateur. Le samedi 1er donc,
sous un crachin tenace et dru, nous voila arrivés a Petawchnock, dans un
chouette café en plein air, avec vue sur une magnifique vallée bordée a l’est
(laissez, c’est mon lyrisme naturel) d’immenses montagnes vertes et
moutonneuses. Nous on jouait sous un auvent donc très à l’ abri des conditions
climatiques peu en accord avec la solennité du moment. En face, l’immense foule
(47 personnes, dont Lidia et les enfants et facilement 1/10e des
personnes que j’ai contactées) s’est tassée sous le toit de la buvette d’en
face pour éviter la gadoue et le crachin. Du coup, mon trac est tombé d’un coup
vu que ca prenait une forme très improvisée. On a branché nos instruments;
Gabor s’échauffait a la batterie, et la, au moment de faire vibrer les cordes
de nos guitares, y a eu un grand Vouffffff, puis plus rien. Pas une étincelle,
pas une diode d’allumée sur le tableau de mixage. Plus de jus du tout, dans
tout Ashhurst. Le silence…TOTAL. On a attendu 15 minutes, 25 minutes, au bout
de 45 minutes, l’organisateur nous a fait savoir qu’on aurait de l’électricité
dans une heure mais que le programme suivrait son cours (ce qui revenait à dire
que notre performance tant attendue passait a la trappe). Du coup, on a plié
bagages et nous sommes allés jouer dans mon bureau, au Centre d’accueil des
Immigres avec ceux des fans qui voulaient bien nous suivre. A 19 heures donc,
au lieu de 17 heures, nous avons enfin commencé à dérouler nos chansons devant
une foule de 18 personnes (dont Lidia et les enfants, les partenaires des
musiciens, et trois refugiés congolais que je menaçais de reconduite a la frontière
s’il ne faisaient pas acte de présence et quelques vrais fans en délire). N’empêche
que les quelques pèlerins ont adoré au moins 5 des 7 chansons de Zorn, et ca,
hein, tout de même, c’est pas rien. Y en a même une qui m’a commandé un cd
(sous presse d’ici deux mois) avec ce formidable compliment qui fait tout de
suite chaud au cœur, « dans mon bled en Limousin, a Saint Locdu le Vieux,
y avait un groupe qui jouait pratiquement le même genre de musique » (pour
toi ma chère, le cd, ca va être 150 dollars….). Bref, après ce succès d’estime
(expression consacrée pour travestir « foirage grandiose»), le groupe était
prêt pour aborder la semaine d’enregistrement. 6 heures de studio par jour
pendant une semaine après le travail…autant vous dire que j’ai terminé sur les
rotules et que ca se sent dans les chansons. Va falloir rejouer certaines
pistes à la maison. Mais bon, la basse et la batterie sont excellentes. C’est déjà
ca.
Maintenant, je
prends un peu de repos d’autant que le tour est maintenant à Lidia avec la
promo de son bouquin qui va sortir en avril. Random house met le paquet dans ce
pays ou l’amour de la lecture passe après la passion pour le rugby, le jeu, la bière,
et pas mal d’autres choses. Normalement, elle a deux interviews à la télé sur
la première chaine, une radio et quelques interviews pour la presse écrite. La
elle vient de terminer un entretien de deux heures (deux lignes dans
l’hebdomadaire ?) pour NZ Listener avec un journaliste qui lui a demande
si elle était juive (question que lui avait posée la directrice de la
communication de Random House), ce qui indique qu’elle a bien fait son travail
de recherches sur le personnage d’Elsa Kor. Croisons les doigts ! En tous
cas Lidia retrouve un rythme de travail plus humain et l’autre jour, alors que
nous avions assiste a un Hangi (je vais vous expliquer) une semaine plus tôt, Lidia
nous a fait spontanément une démonstration de haka à diner, que j’en ai encore
des frissons (alors que Cédric, Albert et Sosthène en pleurent encore de rire).
Vous auriez du la voir en train de marteler des mots gutturaux, la bouche
grande ouverte, les yeux exorbités et les sourcils férocement froncés, une
vraie Maori a la veille d’une compétition internationale de rugby. Cédric s’est
vite mis au diapason et j’ai eu droit pendant une demi-heure à un vrai haka à
vous déchirer les tympans. Tout ca est venu d’une invitation il y a dix jours
de cela à assister à un Hangi, qui est la façon de cuisiner Maori. Ca prend 5-6
heures (le fast food repensé par les Suisses) car tout est fumé. C’est-a-dire
que vous pratiquez un trou dans le sol (de votre cuisine par exemple, juste a
cote du four a pyrolyse), que vous entassez des braises et dessus, vous mettez
pommes de terre, carottes, poulet et viande de bœuf. Enfin, pas vraiment dessus
car ca brule rapidos, en fait un peu au-dessus car le tout est cuit non pas
directement par les braises mais par la chaleur qui s’en dégage (d’ou les 5-6
heures de cuisson). Ensuite, 6 heures plus tard, à peine, hop, c’est prêt. Si
vous aimez le gout de la fumée, vous allez TOUT aimer. A l’inverse, si vous ne
l’aimez pas, va falloir faire semblant. Personnellement, j’ai trouvé le gout de
fumée assez présent, les carottes très sèches, les pommes de terre aussi, la
viande itou. Mais Lidia a trouvé cela « positivement intéressant et très diététique ».
Ce hangi était précédé du fameux Haka que certains d'entre vous ont peut-être
vu lors du mondial de rugby…? Une trentaine de jeunes habillés de noir et de
blanc alignés sur trois rangées. Derrière, un guitariste donnait le tempo et la
musique. La, les jeunes ont commencé à trembler des mains et a se constituer de
féroces visages, a deux doigts de vouloir nous manger tout cru. Au son
franchement guttural (en d'autres temps le gars aurait fait carrière dans
certaines institutions d'Outre-Rhin) d'un Maori fou de rage, la première rangée
de jeunes filles s'est mise à faire quelques mimes. Puis, soudainement, alors
qu'elles mimaient sans doute la rencontre avec un autre peuple (les premiers
colons anglais et leurs menaçantes caisses de pudding et de bière tiède),
surgit de derrière elles le rang des jeunes gens franchement hostiles, l'air
martial, les avant-bras brandis comme autant de machettes et les jambes très
largement écartées. Cédric m'a regardé mais j'ai senti que si je croisais son
regard à ce moment, il allait exploser de rire. En revanche, Albert et Sosthène
étaient saisis par l'effet et captivés par le spectacle assez fascinant de ce
haka (a un moment cependant, devant l'air inquiet d'Sosthène, je me suis
demandé s'il n'avait pas fait haka dans sa ulotte, allez savoir…1)…d'ou
le haka d’hier fait par Lidia (effet secondaire sans doute).
En clair, chaque
occasion de rire est saisie et qu’il est difficile mener cette petite troupe de
couillus de façon disciplinée. Mais bon, Cédric nous aide de plus en plus même
s’il faut le lui rappeler une centaine de fois en trois minutes et Albert
commence à être moins maladroit (ce qui jusqu'à présent le dispensait d’aider
vu qu’il provoquait une catastrophe a chaque fois qu’il ramenait une assiette
ou un verre a la cuisine). Le 2 avril, il fait son entrée dans l’école de Cédric
et du coup l’aimable pression que j’exerce sur lui, a fini peut-être par lui
faire comprendre qu’il fallait qu’il s’applique un peu dans ses différentes activités.
Il a un coté très factuel associé a une nonchalance qui fait que c'est toujours
lui qui se prend la marche, le tapis, la porte vitrée, le pied de la table,
fait tomber l'assiette, l'assiette avec les couverts, l'assiette pleine de
pates avec les couverts dessus, l'assiette pleine de pates avec les couverts
dessus sur le logo de mon groupe travaillé a la main pendant deux heures
(rrrrrrooooggnnnnnnntttuuuuddddjjuuuuuuuu Vvvvvvviiiiiiiiiictoooooooooooorr
!!!!!!!!!!). L’autre jour, il tombe assez rudement parce qu’en courant il ne
regarde que ses pieds et forcément, il n’a pas vu qu’il courait tout droit vers
LE SEUL arbre de tous le terrain de jeux (10 000 mètres carres tout de même).
Bref, BING ! l’arbre en pleine figure. Albert tombe et dit : "je
suis tombé parce qu’il y avait un arbre sur mon chemin ". Pas faux
remarquez. Evidemment, comme Cédric se met à rire, ca le fait pleurer. Tout
rentre dans l’ordre finalement. Sosthène, profitant des bêtises et initiatives
de ses frères (Cédric étant celui qui va systématiquement chercher à faire ce
qui est interdit), s’amuse apporter sa petite touche personnelle. En clair, les
enfants, c’est gentils parfois, mignons de temps en temps, fatiguant tout le
temps, ca coute cher, c’est bruyant et c’est ingrat. Si moi-même je n’étais pas
passé par ces stades-la, je me demande si j’en aurai eu, ai-je demandé a Lidia consternée
(généralement faut rajouter "ben quoi" pour mériter une baffe mais je
m’arrête avant). Mais bon, d'ici quelques années, ils vont entrer dans
l'adolescence et la ca commencera vraiment à m'intéresser. En attendant, je
surveille Albert qui tente péniblement de ramasser ses pates…
A la prochaine,
Achille
1 Je sais, mais celle-là je ne pouvais pas la laisser passer tout de même,
hein?
Du rugby chez les kiwis
Et voila,
Presque six semaines de toux, de fièvres, de grippes, et de tout un tas de
virus que les enfants se refilent entre eux façon Mistigri et qu’on se les
trimballent chaque fin d’après-midi chez le toubib pour aller prendre ensuite
les médicaments chez le pharmacien qui te me prépare la potion en direct live
devant toi. La plus petite crème vous dis-je, est fabriquée devant vous….de
vrais petits alchimistes. Bref, Lidia et moi, à force de dévotion et de
contacts, on a fini par l’attraper aussi. Enfin, surtout Lidia avec sa fine
constitution et son brillant esprit alors que moi, l’ours de la famille, j’ai réussi
à toiser le virus de haut avant qu’il ne vienne me chatouiller le fond de la
gorge (exclusivement la nuit), me boucher le nez jusqu'à me donner une semaine
de migraine. Heureusement Lidia, qui est
toujours pleine de ressources, et méfiante comme moi a l’égard des
antibiotiques et autres remèdes à base de cortisone, nous a concocté pendant
tout un week-end, des plats à base d’ail bien frais. Le croirez-vous, en 48
heures, elle et moi avons mangé 7 têtes d’ails. « T’es sure que ça va nous
guérir ça ? » « Mais oui, je t’assure, c’est plein de vitamines
qui tuent les microbes comme ceux que nous avons » « Certes certes, ça
tue aussi les rapports de bon voisinage… ». Et, miracle, lundi matin, je
me réveillais pour la première fois depuis une semaine, sans mal de tête et
sans sinusite. Lidia itou.
Il s’en passe des choses intéressantes chez nous me direz-vous… Et tout ça
alors que l’hiver ici est plutôt tiede, un petit 12 le matin histoire de rendre
le saut du lit plus courageux (on a une maison qui conserve bien le froid…)
mais ensuite, on avoisine les 17 degrés printaniers. Ce qui est incroyable (si
si j’vous jure), c’est qu’il y a toujours des fleurs en fleur, des arbres
feuillus, des sapins touffus, (et des néo-zélandaises joufflues) quelle que
soit la température. Alors que chez nous, lorsque vient l’hiver, tout fout le
camp non ? Bon, ben pas ici. Et c’est très très agréable.
J’en profite pour faire un rapide tour d’horizon des préoccupations
Palmerstoniennes : d’abord, il y a la coupe du monde de Rugby à Paris et
25 000 supporters kiwis vont aller soutenir les All Blacks.. Et y a pas intérêt
a ce que les Frenchies se moquent du haka (danse de guerre traditionnelle
Maori), sinon ça rouspètera dans les chaumières et les expatriés d’ici vont dérouiller
sévère. Parce qu’ici, le rugby c’est un peu la deuxième religion du pays. Mais
bon, je dis trop rien parce qu’en France, le foot, n’est-ce pas…il y a tout de même
plus de pèlerins dans les gradins que sur les prie-Dieu. Autre préoccupation,
les élections municipales. Pour l’instant on a une chouette mairesse
(mairette ?, je sais plus comment on dit en français de gauche), mais il y
a deux trois gugusses qui voudraient bien la faire choir de son poste et du
coup les couteaux s’affûtent sur fond de solidarité supra-politique en vue
de…la coupe du monde de rugby. Néanmoins, comme notre Ethnic Centre est le
point d’attraction de tous les immigrés, on a comme ça des hommes et femmes
politiques qui viennent plein de sollicitudes écouter avec un air de brahmane
inspiré nos avis et nos recommandations. Poignée de main, photos, claques dans
le dos, et hop, c’est reparti pour un tour. La troisième préoccupation concerne
les élections nationales ou on a le choix entre l’actuelle Première Ministress
(j’hésite, mais ca me parait convainquant comme orthographe) Helen Clark, qui a
manifestement un bilan plutôt élogieux a son actif, et de l’autre coté, un businessman
plein aux as, ancien de chez Merryl Lynch, recyclé dans la politique.
Et…..comme les immigrés représentent un de ces problèmes récurrents dans toute société
économiquement développe, on vient nous voir plein de sollicitudes, pour
écouter avec un air de brahmane inspiré nos avis et nos recommandations. Poignée
de main, photos, claques dans le dos, et hop, c’est reparti pour un tour. (oui
je sais, je l’ai déjà dit, que voulez-vous, j’ai mes paresses).
Heureusement, pour egayer cotre quotidien, vos trajets dans le metro
(encore que le terme « egayer » me parait osé…)il y a LA GRANDE
NOUVELLE que vous attendez tous, MAIS QUAND VA DONC SORTIR LE FAMEUX LIVRE DE LIDIA ???
Et bien…aujourd’hui ! Si. D’ailleurs, je suis prêt à vous donner le
lien sous pli discret si ça vous intéresse.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et une bonne rentrée.
Achille
Le boulot, les enfants et le reste
Les Ladigue a Dundae 9
Le Centre d’accueil pour Immigrés dans lequel j’officie n’est pas logé dans
la meilleure aile du Louvre. On peut même dire que c’est dans une sorte de
cuvette en bout de pente douce. La lumière y est joyeusement fournie par des
néons à vous plonger dans l’atmosphère chaleureuse et décontractée du bloc
opératoire du Dr. Frankenstein. Mon bureau se trouve au bout d’un couloir tout
tapissé de délicats présents offerts par les réfugiés/immigrés venus trouver
ici, qui un havre de paix, qui une aide attentive. Et donc mon bureau se trouve
derrière une porte bleue, assez grand malgré les deux tables surmontés
d’ordinateurs dernier cri (Amstrad et Honeywell Bull) qui occupent un espace
trop important à mon goût. Une grande vitre donne sur une terrasse doucement
pentue qui s’abandonne sablonneusement dans le clapotis délicieux d’une eau
turquoise dentellée de nacre…Bref, ca donne sur les restes d’un chantier vu
qu’ils ont arraché une maison y a pas longtemps. J’ai tiré sur les stores pour
m’épargner cette vue peu ragoûtante, mais tout m’est tombé dessus, tringle,
cordelettes, lamelles de plastique, sans espoir de réparation. Les murs de la
pièce sont nus et rugueux because une espèce de crêpi gris façon revêtement
pour Panzers contre les mines anti-chars donne une idée du charme spartiate et
quelque peu désuet du bunker de Hitler dans les premiers jours de printemps
1945. Bref, je vous ai décoré le tout de posters un peu plus folichons, de
photos de famille. Alors mon job en quelques mots consiste à aider les réfugiés
et les immigrés qualifiés (ceux qui sont autorisés à entrer sur le territoire
néo-zélandais, vous savez, la mesure qui fait hurler les biens-pensants en
France et que les US, le Canada, la NZ entre autres appliquent depuis des
décennies) à trouver un job assez rapidement. Je prends donc mon bâton de
pèlerin et vais rencontrer des employeurs, agences de recrutement pour leur recommander
mon client surqualifié, mais généralement sans expérience professionnelle en NZ,
ni diplôme NZ. Parfois c’est facile, parfois faut ramer. A part ça, tout va
très bien. Les enfants se sont complètement acclimatés, Cédric est conu comme
le loup blanc et chaque fois que des adultes nous saluent, nous nous tournons
vers Cédric : "ce sont les parents de qui, ça ?" Cédric et Albert
sont comme larrons en foire, encore que souvent, ils en profitent pour se
disputer plus que pour jouer ensemble. Phénomène nouveau, ils commencent à
utiliser l'anglais entre eux, ce qui me hérisse le poil. L'autre jour, au lieu
de ranger la salle a manger et de nettoyer la cuisine, je les entends dans le
salon, ou Cédric prétextant un mal imaginaire se fait ausculter par Albert:
-(Albert) does it
hurt here?
-(Cédric) you have
to massage the foot
-(moi) Cédric ! Parle en français avec ton frère !
-Oui Papa. Mais
c'est Albert qui a commencé
-I can massage
the foot?
-Albert, nom
d'une pipe ! Parle en français !
- C'est Cédric
qui a commençé
-(Albert) Does it hurt here?
- Cédric) No, you
have to massage the back
- Bon sang mais
vous vous moquez de moi?? Parlez en français, bon sang de bon soir, c'est votre
langue secrète ici, alors gardez-la, flûte à la fin (merde quoi, faites chier !)
-Can you play the
doctor?
-Albeeeeert !!! Tu
me fatigues maintenant !! Tu refuses de parler français; je vais te mettre au
coin pendant dix minutes !!
--(Albert) It's not me !!!
- Allez hop! File
dans ta chambre !
-Buuuuaaaaahhhhhhh
!!!
-Et pleure en français
je te prie !!
-Ouiiiiiiiinnnnnnnnnnnnn
!!!!
-Et moi Papa, je
peux jouer avec mon costume de Superman ? Parce que dans le cartoon il est très
très fort et moi aussi je veux être très très fort.
-Dis donc,
t'avais pas à nettoyer la salle à manger et la cuisine par hasard ?
-euuh non? Je ne
me souviens pas? Je peux jouer d'abord avec Superman?
-Et comment Cédric!
Toi et Superman, vous allez prendre le retro-balai a rayons X et me nettoyer a
grands coups d'éponge radio-laser la table et le parquet et me mettre toutes
les miettes intergalactiques que tu ramasseras avec ta pelle au bifidus actif
dans la poubelle cervo-broyeuse. On fait comme ça ?
Et hop, emballez,
c'est pesé. Non mais. De qui se moque-t-on ?
N'allez pas
croire que je ne suis qu'un père fouettard qui formate ses enfants façon régiment
d'infanterie. Mais disons que Lidia et moi nous répartissons équitablement les
taches ainsi que les faveurs. Et en matière de prise de risques, je suis
vachement plus décontracté que Lidia chez qui la recherche de la sécurité empêche
parfois toute initiative ou marge de manœuvre. L'autre jour, j'ai emmené les
enfants au parc pendant que Lidia buchait à la fac. Il y avait sous les fougères
géantes et les palmiers, une attraction assez réussie: d'une tour haute de 4 mètres,
partait un long câble en pente douce jusqu'au sol 20 mètres plus loin. Evidemment,
Cédric chez qui plaisir rime avec risque nous tannait pour le laisser se
suspendre a une sorte de minuscule siège, du genre tire-fesse qui pendouille
comme une vieille paire de….euh…de boucles d'oreilles (v'voyez le genre ?)
au-dessus du vide. Lidia, rien qu'à regarder le sommet de la tour, tournait de
l'œil et faisait jurer Cédric que jamais, o grand jamais, il ne monterait là-dessus.
"et toi aussi Achille, tu me promets de ne jamais le laisser grimper
la-haut, n'est-ce pas, c'est pas autorisé en dessous de huit ans" (Cédric
en a 5). "Mais enfin chérie, voyons, tu penses bien que non ! Croix de
bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer" et de cracher pieusement
sur le chapeau d’Albert que je n'avais pas vu accourir par l'arrière. Donc
l'autre jour (ben oui je sais, je pourrais vous la faire courte, mais ca
m'amuse et si ca vous emmerde, z'avez qu'a lire Les Echos), nous voici déambulant dans ledit parc et Cédric de sa
voix stridente :
-
Papa,
Papa, est-ce que je peux utiliser la balançoire ?
-
Mouais,
je sais pas, c'est quand même très très haut et il faut faire très très
attention et maman nous a interdit de monter parce que tu n'as pas huit ans et
qu'ensuite si tu tombes va falloir que je lui explique pourquoi je t'ai laisse
monter et ce sera ensuite râpé pour aller faire une vraie virée lorsque tu
auras quinze ans et que je t'emmènerai en ULM ou sauter en parachute au-dessus
du lac Tapas et qu'on y ira se prendre une mousse et que tu me demanderas des
conseils pour faire le bon choix entre toutes les nanas qui te courront après
et qu'il faudra que je devienne ton directeur de casting pour te permettre de
pas te disperser dans le tout venant a taille basse et surcharge pondérale, tu
vois ce que je veux dire ?
-
Non
?....je peux faire de la balançoire là-haut ? S'il vous plait papa ?
-
Bon
d'accord. On va y aller ensemble comme ca je te tiendrai dans mes bras. Attends
que je mette Albert dans la poussette histoire qu'il ne prenne pas la tangente
(ce con-la).
Et au moment ou je me préoccupe de caser Albert dans la double poussette,
devant Sosthène pour que celui-ci lui tire les cheveux et que leur attention
soit totalement accaparée par le conflit qui ne manquera pas de s’en suivre,
v'la Cédric qui pique un sprint, grimpe au sommet de la tour, s'empare de l'espèce
de tire-fesse minable et hop, vas-y que je te me jette dans le vide. C'est a ce
moment-la que je me suis retourné et l'ai vu partir a toute berzingue (tiens,
faudra que je recherche ce mot tire de mes souvenirs de gamin) fendant l'air de
son air hilare.
-
(P……
de b…… de m…… le c…. ! Mais quel c……!)
-
Regardez
Papaaaaaaaa, je vooooooole
-
(surtout ne pas respirer, ne pas frémir, ne
pas imaginer autre chose qu'une arrivée saine et sauve….gnnnnnnnnnnnn)
-
Ca y
est je suis arriveeeee !!! C'est super chouette !!!
-
Très
bien (petit con) Cédric, trrrrres
bien, mais tu aurais peut-être pu m'attendre comme je te l'avais demandé, hein
(triple andouille), mmmmh, n'est-ce
pas ? (bon, maintenant va falloir faire
des coupures dans le récit pour Lidia)
-
Je
peux recommencer Papa ?
-
(T’es pas bien non ?) Non Cédric, il va
falloir qu'on rentre. Et puis tu sais, ce serait mieux que tu ne racontes pas
trop ca a Maman (des fois qu'elle fasse
un infarctus juste avant de me coller a l'amende)
Et c'est ce fourbe de Albert avec sa petite tête de gentil italien qui
vendu innocemment la mèche….Tu quoque
filii disait Jules.
Quelques remarques sur les particularités locales de la vie
quotidienne :
-
l'eau
est gratuite
-
les
communications téléphoniques inter-urbaines sont gratuites
-
les
restos sont de qualité très moyenne, sans parler du vin qui confine a
l’injection de migraine.
-
L’électricité
est vachement chère, du coup la température dans la maison plafonne a 12
degrés….ce qui est vivifiant, vous en conviendrez.
Mon job
maintenant. En clair et comme je vous l’ai dit plus haut (heureusement que je
viens de me relire…) je m’occupe de fournir du boulot pour les immigrés et les
réfugiés. Les immigrés sont des immigrés qualifiés dont les qualifications
professionnelles ont été visées, disséquées, comparées, éprouvées, commentées,
requalifiées et ajustées par les services de l’immigration au terme d’un
processus de plusieurs semaines voire de mois.. Mais depuis que les réfugiés Matongolais
savent qu’il y a un français au Ethnic Centre, je les vois tous les jours et
m’occupe parfois un peu d’autres choses que de leur trouver du travail.
-
Alors
Antoinette, qu'est-ce qui vous amène ?
-
J'ai
un problème Monsieur Achille
-
Je
suis la pour ca. On va vous trouver un job. Ne vous tracassez pas. Voulez-vous un
café ?
-
Non
merci. Mais vous pouvez en prendre un.
-
Non
merci, j'en aurai pris un si vous en aviez pris un.
-
Si tu
veux Monsieur Achille, je peux en prendre un comme ca tu peux en prendre un
-
Non,
non, c'est si tu (on se tutoie maintenant ?) en prenais un que j'en aurais pris
un, mais comme tu n'en prends pas, je ne vais pas en prendre un…enfin peu
importe. Alors, dis-moi de quoi il s'agit.
-
Voila,
je voudrais faire venir mon compagnon et ma fille a Dundae.
-
Ah
bon, je croyais que tu cherchais un job ?
-
Ca aussi.
Mais je voudrais faire venir mon compagnon et ma fille Monsieur Achille
-
D'accord.
Ou est le problème ?
-
Je
n'ai pas déclaré mon compagnon au départ du Talaboustan quand le Haut Commissariat
aux Réfugiés nous a embarques pour la Nouvelle-Zélande. Mais je l'ai déclaré a
notre arrivée a Mangaré.
-
Mangaré
?
-
Oui,
c'est près d'Auckland, c'est la qu'on nous accueille et qu'on nous repose des
questions sur notre situation. On déclare une fois au départ, au Talaboustan,
et une fois a l'arrivée, a Mangaré. Et les gens de l'immigration regardent si
les déclarations correspondent.
-
Mais
pourquoi n'as-tu pas déclaré ton mari et ta fille au départ du Talaboustan.
-
En
fait c'est pas mon mari, c'est mon compagnon. Mais il s'est toujours occupe de
ma fille.
-
Et la
fille alors ? Comment s'appelle-t-elle d'ailleurs ?
-
Justine
-
Bon
et Justine, pourquoi ne l'as-tu pas emmenée avec toi ?
-
Euh…parce
qu'elle était pas avec moi…
-
Comment
ca ?
-
Elle était
avec son père…
-
Aahhh…
parce que ton compagnon c'est pas son père…..
-
Si !
il s'en est toujours occupe !
-
Je
veux dire que ce n'est pas son père biologique, alors ?
-
Oui
c'est ca. Mais il s'est toujours occupe de mes filles ?
-
Tu as
une autre fille ?
-
Oui.
Elle s'appelle Aimee. Elle est ici avec moi.
-
Mais
lors comment se fait-il que le père biologique ait laisse partir une fille et
ait garde l'autre. Comment s'appelle le père biologique d'ailleurs….parce que
je crois que je vais prendre quelques notes tout de même…
-
Euuuhhh…
-
Tu ne
te souviens plus de son nom ??
-
…….attends….je
regarde sur mon portable….
-
Bienbienbien…..
-
Il
s'appelle Louis-Barnabé mais tout le monde l'appelle "Carl"
-
Ben
forcement….bon alors, comment se fait-il qu'il ait laisse partir une fille et
pas l'autre ?
-
Ah
mais non, c'est pas le père de Aimee !
-
C'est
ton compagnon le père…
-
Mais
non, son père il a été tué pendant la guerre…mais mon compagnon s'en est occupe
comme si c'était son père…
-
Au Matongo
?
-
Au Talaboustan
-
Le père,
y s'appelle comment ?
-
Au Talaboustan
?
-
Au Matongo.
-
Il s'appelait
Hippolyte Désiré…
-
Mais
on l'appelait "Frankie" ?
-
Comment
?
-
Non
rien…Bon et votre compagnon ?
-
Salatong-Michel
Louis
-
Louis
c'est son nom de famille ?
-
Non…son
nom de famille c'est Kibunda Mungo-Mithoulis
-
(pfffffff…..j'aurais du prendre une plus
grande feuille) Bon. Et lui tu l'as déclaré au Talaboustan et a Mangaré.
-
Non
juste a Mangaré.
-
Et
avec lui tu n'as pas eu d'enfants ?
-
Si.
Une fois quatre, et deux fois des jumeaux ; mais ils sont morts a la
naissance. L'infirmière avait fait une erreur. D'ailleurs c'est pour ca que
j'ai des problèmes de santé et qu'il faut m'aider à trouver un travail,
monsieur Achille.
-
Ah…………………….Euh,
mais alors vous avez été séparés juste avant l'embarquement pour la Nouvelle-Zélande
?
-
Non,
en fait ma fille Justine, elle vit chez son père depuis 4 ans.
-
Depuis
4 ans !!?
-
Mais
alors ton compagnon la, Barnabé-Carl,
-
Non
c'est Louis-Barnabé mais on l'appelle Carl, faut suivre Monsieur Achille
-
Je
fais ce que je peux….! Je sais que c'est limpide, cependant…hein..? Je crois
que je vais prendre un café…
-
Je
vous cause des soucis Monsieur Achille ?
-
Mais
non mais non…on va trouver une solution…. Reprenons, Carl donc, tu veux le
faire venir en Nouvelle-Zélande ?
-
Ah
non pas Carl Salatong !
-
Donc Salatong,
pour résumer, c'est le père de personne et c'est pas ton mari, et vous ne
l'avez pas déclaré au Talaboustan, et tu-vous (j'sais plus si on se vouvoie ou se tutoie) veux le faire venir ici,
c'est bien ca ?
-
Oui
c'est ca.
-
Et
pourquoi tu n'avais pas déclaré Justine au Talaboustan ?
-
Mais
si je l'avais déclarée. Et son père était d'accord mais au dernier moment, la
famille de son père a refusé de me donner mon enfant et j'ai du partir sans
elle. Mais si j'ai pas déclaré mon ami c'est parce que mon oncle m'a dit que
cela m'empêcherait de partir avec le HCR alors je ne l'ai déclaré qu'a Mangaré
pour que j'aie une chance qu'on soit réunis en Nouvelle-Zélande.
-
Ta
fille et toi
-
Mon
ami et moi
-
Et
pas ta fille ?
-
Si
aussi. Mais si je dois choisir, je préfèrerai mon ami.
-
…………………………………..
Voila une bien
longue chronique. Et pas de photos pour alléger le tout. Une simple nouvelle,
il semblerait que la sortie du livre de Lidia soit ramenee au mois de juillet
contrairement a septembre, mois initialement prevu. En tous cas, il va bientôt
sortir !
A bientôt,
Achille
Inscription à :
Articles (Atom)